MON CHIEN BLINKE, QUE FAIRE ?

MON CHIEN BLINKE, QUE FAIRE ?

On dit qu’un chien d’arrêt « blinke » lorsqu’il refuse, ignore délibérément ou fuit un gibier dont il a pourtant identifié la présence. Ce défaut de comportement résulte d’une association erronée entre ce gibier et une situation traumatisante éprouvée par le chien dans le passé.

Tout chien de chasse devrait être intimement "habité" par la passion de la chasse et de la quête du gibier. Cette passion atavique s’éveille à l’adolescence et atteint son summum à l’âge adulte.

En aucun cas, le chien ne doit refuser ou ignorer délibérément le contact d’effluves giboyeuses. La situation inverse exprime un défaut de comportement appelé « blinkage » où le chien associe l’odeur ou le contact du gibier avec un événement désagréable ou, pire, traumatisant. Ce peuvent être , l’appréhension du coup de feu, les contraintes liées à un dressage trop précoce, une « remontée de bretelles» excessive après avoir couru un gibier etc…

Quoique ce défaut puisse, à des degrés divers, affecter le chien à tous les âges de sa vie, il apparaît généralement chez des chiots hypersensibles vers l’âge de 3 à 5 mois. Alors que la passion bien développée d’un chien mâture joue souvent le rôle de rempart envers cette affection, l’inexpérience des chiots et des jeunes chiens peut les amener à associer malencontreusement la rencontre d’un gibier avec une situation désagréable concomitante.

Il convient alors de pouvoir déceler au plus tôt les symptômes initiaux du blinkage et d’en déterminer l’origine pour pouvoir réagir correctement face à une telle situation.

 

1 - RECONNAÎTRE LES SYMPTÔMES DU BLINKAGE

Si au premier coup de feu votre chien court vers la voiture, se réfugie entre vos bottes, nul doute qu’il y a problème. Si de même, il évite soigneusement et systématiquement le carré de betteraves ou vous avez vu se remiser un faisan ou une compagnie de perdreaux, il est fort probable qu'il y appréhende une rencontre désagréable.

Ces signes forts sont suffisamment évocateurs pour alarmer le conducteur le moins chevronné. Dans certains cas cependant, la symptomatologie du blinkage peut être si discrète qu'elle peut passer inaperçue à des yeux inattentifs ou inexpérimentés. Elle peut se traduire uniquement par un manque d'entrain à quêter, une propension du chien à rechercher votre contact et vos caresses au lieu de remonter l’émanation qu’il vient de percevoir, une prudence exagérée ou des réactions de crainte au contact d’un gibier… Le comportement réservé d'un chien que vous amenez à la chasse doit de toute façon vous interpeller, surtout si ce chien est débordant d'énergie lors de simples promenades.

N'oubliez pas que votre chien ne vous parlera pas. A vous donc, qui devez le connaître mieux que quiconque, de savoir l'observer et d'être capable de déceler dans son comportement tout élément évocateur de l’appréhension qui l’envahit lorsqu’il détecte un gibier.

 

2 – DÉTERMINER L’ORIGINE DU BLINKAGE

Pour pouvoir réagir correctement face à une situation de blinkage, il est essentiel d'en déterminer l'étiologie. L'appréhension du coup de feu est la cause la plus simple à mettre en évidence. Si c'est le gibier qui est en cause, peut-être ne s'agit-il que d'une espèce bien particulière. A vous d'essayer de déterminer cela au plus juste, tous les cas de figure pouvant être envisagés.

 

3 – RÉAGIR CORRECTEMENT

Laissez de côté tout ce qui touche à l'éducation et au dressage. Inutile - et même contre productif ! - de rajouter des contraintes là où il faut rétablir confiance en soi et absence d'appréhension vis à vis du gibier. Votre seule préoccupation doit être de faire comprendre au chien qu'il n'a aucune raison d'avoir peur d'un coup de feu et/ou d'une boule de plumes.

Essayez par exemple de mettre votre protégé au contact d'un gibier de taille petite (caille) ou moyenne (perdreau). Favorisez son approche en l'encourageant chaudement. S'il attrape l'oiseau, ce n'est pas grave. C'est un pas de plus vers la normalisation ! N'oubliez pas que votre objectif n'est plus de dresser votre chien mais de lui redonner confiance en lui et de lui réinculquer autant que faire se peut le goût de la "viande". Multipliez les rencontres, incitez votre chien à jouer avec l'oiseau, participez aux jeux vous-même. Si votre chien se lance à la poursuite du gibier, laissez-le faire et félicitez-le à son retour. Lors de vos sorties, adjoignez lui de temps en temps un autre chien, "viandard" de préférence. Privilégiez un broussailleur à un chien d'arrêt au nez très fin, dont l'arrêt à longue distance fera peut-être hésiter votre protégé.

Dans la situation où le chien appréhende les coups de feu, il conviendra de réassocier chez lui le plaisir d'une petite friandise et d'une très faible détonation, avant de pouvoir aborder l'association gibier - détonation moyenne (ex. pistolet 6 mm) à distance, sans vouloir à tout prix brûler les étapes.

Dans tous les cas :

  • Usez et abusez des félicitations et récompenses à chaque progrès de votre chien, si ténu soit-il. N'hésitez pas à être excessif, voire ridicule lors de vos démonstrations de satisfaction ! N'oubliez pas que caresses, fromage et saucisson font partie de la thérapeutique !
  • Ne vous énervez surtout pas et ne sanctionnez pas votre chien, même si ses progrès vous paraissent lents. Si vous en avez marre, laissez tomber provisoirement et reprenez le travail lorsque vous serez mieux disposé. Pour reprendre une phrase connue," il faut laisser du temps au temps". N'allez pas tout gâcher par un emportement passager.

Lorsque vous estimerez que la situation est suffisamment et durablement corrigée, vous pourrez alors reprendre avec beaucoup de doigté l'éducation et le dressage de votre chien.